Diatribe sur la vie de bureau

Ne rien faire est finalement beaucoup plus épuisant que de vivre à toute allure. Assise face à l’écran, je sens graduellement la lassitude gagner chaque molécule de mon corps, chaque interstice entre les quelques neurones encore en l’état qu’il me reste. C’est la terrible gangrène guettant les cols blancs. Col blanc ? Voilà une dénomination dans laquelle j’ai du mal à me reconnaître. J’arbore aujourd’hui un petit décolleté noir !

J’ignore sincèrement si je vais pouvoir mener quarante ans durant cette existence de tape-clavier (synonyme de gratte-papier dans le dico du web 2.0 !).

Pas qu’il y ait quoique ce soit d’avilissant dans ce mode de vie, j’aime même certains aspects de ma profession (chut, ne le dîtes à personne !), non, mais s’armer de la patience nécessaire pour : obtenir une faveur ou les bonnes grâces de sa hiérarchie, guetter les signes d’approbation, les encouragements, tempérer ses humeurs parce que « … c’est ainsi ma petite ! » sont sans doute les taches les plus difficiles à accomplir dans le monde du travail, lesquelles ne sont pourtant, stipulées dans aucun contrat d’embauche…

 

L’inaction est un fardeau lourd à porter. Pendant mes récents congés, j’ai… marché, nagé, chanté, dansé, bu (oui, bu… attention, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé), fumé (idem!), exploré, découvert, photographié, dévoré et encore marché, nagé, chanté, dansé, bu, fumé, exploré, découvert, photographié, peint, dévoré et encore… Je retrouvais la nuit, son calme et sa douceur avec un plaisir intact à chaque fois tant la fatigue l’emportait sur mes forces.

 

Il y a donc cette fatigue saine et ce virus qui nous traque, celui qui fait de nous des marshmallows à la limite de la lobotomisation (quoi ? je force le trait… mais si peu !), j’ai nommé « la vie de bureau ».

 

Seulement, inutile de jouer les anarchistes de Vox, pour survivre dans cette jungle impitoyable, il faut bien faire quelques concessions. D’accord, d’accord. Des concessions d’une part, de la résistance d’une autre ! Aux armes, « Colsblancs-siens » ! Formez vos bataillons ! Qu’une encre recyclée abreuuuuve nos stylos ! Refusez la galvanisation de votre esprit par l’atmosphère délétère régnant dans beaucoup d’entreprises, résistez à coups de projets fous, de rêves petits ou grands, d’ambitions diverses et variées. Soyez le meilleur employé du mois si vous le désirez mais conservez un soupçon d’individualité, l’originalité propre à une personne qui fait que vous êtes vous et aucun, aucune autre, même en plein milieu de votre open space…

 

C’était l’utopie du mercredi, bonne journée !

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

7 réflexions sur « Diatribe sur la vie de bureau »

  1. [c’est top] Je dis hourra aux utopistes!Et bravo Lza,je te découvre là dans un style qui te scie particulièrement bien!Bonne journée!!

  2. [c’est top] On en revient toujours à la même chose l’alienation par le  travail, sacré Marx!!!
    J’aime ce style d’écriture, virvoltant, acidulé, c’est super!!!
     

  3. [c’est top] la vie de bureau c’est souvent l’enfer !
    je me suis reconnue dans ce que tu as écrit
    merci :) 

  4. Mais c’est quoi cette « vie de bureau » dont tout le monde parle? :pPerso, je préfère être prof devant 30 énergumènes… Au moins on rigole.

  5. [c’est top] Belle écriture :°)
    C’est tout à fait vrai ce que tu décris ici. Je rejoins le bataillon avec plaisir ;°)

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