L’affaire des collants mauves

Il y a des actes que l'on commet sans mesurer un seul instant l'ampleur de leur impact.

A la recherche d'un collant opaque noir, j'ai acheté il y a quelques semaines un lot de ceux-ci. L'un d'encre donc et l'autre mauve. Deux pour le prix d'un, un argument pertinent capable de toucher n'importe quel consommateur moyen.

Ce matin, en m'habillant, j'ai opté pour la paire de collants colorés sans me poser la moindre question, sûre de mon choix.

9h56 : au bureau, sur le chemin menant au fax, je croise ma responsable qui laisse échapper un petit cri à la vue de mes jambes violettes.

Soit, me dis-je, il lui en faut bien peu pour la troubler. Mais ce n'est pas la première fois que ma garde-robe surprend au sein de ma sérieuse unité alors j'oublie vite l'incident pour vaquer avec conscience et circonspection à mes taches.

16h23 : je profite d'une minute pour m'éclipser de ma tour de verre et saluer l'une des mes amies passée par là. Nous bavardons gaiement quand elle lève des sourcils narquois, jetant son regard par dessus mon épaule. Ne saisissant pas le motif profond de son expression, je l'interroge et elle m'explique qu'un piéton semble avoir observé avec stupeur mes gambettes mauves. Soit.

Cette seconde anecdote m'amène à m'interroger sur le bien fondé de mon achat. Ce lot était-il une telle affaire ? Cette couleur suscite-t-elle des émotions que je suis incapable de percevoir ?

18h40 : je rentre d'un bon pas chez moi, me faufilant entre les gouttes d'une averse qui débute. J'ai les bras chargés de courses et d'un bouquet de fleurs qui m'est, fort à propos, tombé aujourd'hui entre les mains. J'attends sagement que le bonhomme passe au vert pour m'engager sur le passage piéton quand de l'autre côté du trottoir, un homme me fait le signe international du briquet. Soit. Il me rejoint en deux enjambées et tandis que je lui tends du feu, engage la conversation. Et là quelle question me pose-t-il ? Il me demande… où j'ai acheté ma paire de bas ! S'ensuit une poussive tentative de drague. Mes roses sont l'idéal prétexte me permettant de le congédier d'un battement de cils. Mais je reste interloquée : pour me séduire, jamais auparavant on ne m'avait parlé de mes collants.

Je vais y songer à deux fois avant de les remettre.

 

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

9 réflexions sur « L’affaire des collants mauves »

  1. Ah non!
    Tu ne t’arretes pas au regarde des CONS!
    Tu me connais, tu imagines bien que ce genre de reflexion vu comment je m’habille c’est tous les jours.
    Ca a l’air de m’empecher de vivre?

  2. Ironie…
    On vient juste de me dire qu’à me voir déambuler dans les couloirs avec ma tenue du jour ça donnait l’impression d’être à bord de l’Enterprise ^_^

  3. Je rejoins les propos de Fukkou : ce n’est pas aux autres de t’imposer la façon de t’habiller (et plus généralement de te comporter), mais bien à toi d’avoir l’appoint de t’assumer quitte à offusquer le quidam (même si ce n’est pas toujours facile).

  4. J’en ai une paire aussi et j’ai remarqué certains regards également, pourtant je les adore et mon amoureux aussi alors qu’importe ! Je me fous un peu de ce qu’en pensent les gens en général, je ne les connais pas ^^

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