Black cabs

J'étais à Londres la semaine passée, à titre professionnel. Je ne me déplaçai donc qu'en taxi. Et ce petit luxe fut l'occasion de drôles de moments, bien plus animés que ceux que me réservent habituellement les homologues français de ces sympathiques chauffeurs.

Acte I : I like pink

M'attendait un chauffeur d'une compagnie privée : Pink Express. Descendant de l'Eurostar, j'imaginai un court instant une diligence rose avec plumes et fanfreluches.  Rien d'aussi exotique ma foi : le côté pink ne se traduisant que par une belle cravate arborée par le taxi. Il ne pleuvait pas à ce moment là sur Londres et rouler dans la ville aux beaux jours, de King's Cross à London Bridge, constituait pour moi un petit plaisir avant que ne commence l'effervescence liée à mon travail.

Le chauffeur démarra la berline et la conversation : quel temps faisait-il à Paris ? Le sentant d'humeur loquace, je saisis la balle au bond. Il me raconta sa petite maison du côté de Marne la Vallée dans laquelle il allait chaque été, sa résidence dans le Kent, sa fille adolescente désireuse de découvrir le monde, ses 70 heures hebdomadaires de travail. Ce rôle de taxi chez Pink Express n'était qu'un extra pour arrondir les fins de mois alors qu'il était déjà manager dans une boutique. Il me parla de ses nuits courtes, 4 ou 5 heures de sommeil, pas plus, semblant lui convenir. . En vingt minutes de trajet ou un peu moins, il me dressa le tableau de son existence…

Acte II : Black cab & lost phone

Le surlendemain, je devais filer très vite du Borough Market à Covent Garden. Après une course échevelée pour attraper un taxi parmi la circulation dense d'un samedi après-midi, l'on nous déposa, une de mes collègues et moi, près du Strand. Pendant le trajet, j'avalai avec gourmandise une barquette de fraises avec sa crème fouettée à l'anglaise qu'un restaurant m'avait gentiment donné en doggy bag. En sortant de la voiture, il faut croire que je fis plus attention à mon dessert qu'à mon téléphone qui échoua sur la banquette du taxi, tel un pauvre négligé. Près de cinquante appels frénétiques à mon numéro plus tard, le chauffeur décrocha. Certes, il me traita de "silly lady" mais vint me rapporter là où il m'avait déposé le précieux égaré.

Acte III : J'ai deux amoouuurs, mon pays et puis Londres !

Vint l'heure du retour. Je sortis de l'hôtel avec ma valise à roulettes et un petit parapluie à pois bleus que l'on m'avait donné tandis que s'abattait une averse aussi courte que violente sur la ville. Je sautais dans un taxi et rencontrais alors un sacré numéro. Il repéra bien vite mon french accent (je fais ce que je peux…) et tenta de saisir quel genre de femme française j'étais. Il rêva un instant que j'étais une femme très riche, me demanda si j'allais en vacances à Juan les Pins (en français dans le texte), si je vivais Boulevard St Germain… A chaque réponse négative, il partait dans un grand éclat de rire. Il poursuivit en me demandant si je dansais et si oui, était-ce un peu à la manière de Joséphine Baker…

Ces trois moments ponctuèrent mon séjour à Londres et furent des petites parenthèses dans le cadre d'un séjour professionnel. Merci gentlemen !

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

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