Un mot barbare : employabilité

Niveau suivi de l'actualité littéraire, on aura vu mieux. Cela fait un petit moment qu'est paru "Le Quai de Ouistreham", le docu-roman de Florence Aubenas sur la précarité économique et sociale en France.

J'avais songé à me le procurer au moment de sa publication et puis, et puis, j'y avais silencieusement renoncé pour un obscur motif seulement connu de mon inconscient… peut-être qu'au pic de la crise, je n'avais plus envie de lire sur la crise.

Je me retrouvai en la possession provisoire du livre et en avalai 100 pages lors d'un trajet en TGV. Trois jours passèrent et j'ingurgitai le reste lors d'un autre voyage.

Je suis partagée.

C'est très bien écrit, sans fioriture, maîtrisé.

Les passages au Pôle Emploi sont peut-être les plus réussis, l'on saisit très bien l'absurdité du système et ses failles, qu'il s'agisse de la récurrence vaine des rendez-vous qui font se déplacer X fois des gens de leur campagne quand l'essence est précieuse, l'organisation compliquée, le vide abyssal des stages de groupe aux intitulés abscons, alors que personne ne croit vraiment à l'utilité de la chose, la peur d'un côté de la vitre comme de l'autre, la peur d'être radié pour les uns, celle de recevoir la violence du désespoir en pleine face pour les autres.

L'immersion de la journaliste dans l'univers des précaires avec sa dureté parfois, son visage impitoyable parce que c'est tellement dur pour chacun et a contrario l'autre moitié du temps son extrême largesse, est restrancrite avec talent. Je sentais presque sur moi l'atmosphère froide et humide du petit jour d'hiver sur le quai de ouistreham…

Mais ce qui me dérange peut-être c'est le côté un peu grossier du subterfuge… Quand Mme Aubenas nous dit que la faim la tenaille après une journée de labeur vraiment terrible, je trouve qu'elle va trop loin. Certes, elle veut nous faire ressentir jusqu'au bout son expérience mais cette faim qu'elle éprouve par choix d'autres la subissent sans le pouvoir toujours d'y remédier. Je ne critique pas, son livre a le mérite de parler d'une réalité dont on fait finalement peu de cas mais je m'interroge sur certains accents…

 

 

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

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