Comme dans un film de Sautet

L'autre soir, je feuilletais Télérama, cherchant, sans trop espérer trouver non plus, un programme pour le soir. C'était le numéro double, précision qui a son importance, puisque je me trompais de dimanche. Une photo de Romy Schneider, son visage solaire, attirèrent mon regard. Elle illustrait une critique sur les Choses de la vie qu'une chaîne du câble ou de la TNT, je ne sais plus, rediffusait ce soir-là.

En lisant les paragraphes consacrés, je me dis que l'écriture de ces mots avait dû être un jeu d'enfant pour le journaliste, en ce sens qu'évoquer ce film mythique au sein du cinéma français entre les pages cramées d'un hebdomadaire en plein mois d'août, c'était se faire plaisir. La plupart des exemplaires resteraient sans doute au chaud dans les boîtes aux lettres et on n'en ôterait l'enveloppe plastique que début septembre. Tout a été dit sur un long métrage comme celui-là; en reparler c'est comme narrer une anecdote mille fois rebattue mais en y ajoutant encore quelques détails superflus, en passant sur le souvenir la pommade onctueuse du temps.

Bref, Romy solaire, Sautet, ça me rappela une soirée passée quelques mois plus tôt avec deux amies. Nous étions allées voir une pièce atroce dont nous nous étions échappées bien vite, le plus discrètement possible et avions échoué pour dîner, avant de nous engouffrer d'ailleurs dans l'un des bars les plus  tendance de la capitale, dans une minuscule brasserie typiquement parisienne comme figée dans le temps. Il y régnait une atmosphère particulière qui n'échappa à aucune de nous trois. Etait-ce l'addition de la physionomie du lieu, deux salles minuscules juxtaposées, l'une avec son bar bondé et l'autre avec quelques tables serrées et leurs nappes à carreaux rouges et blancs, une équipe familiale à l'allure imperméable au passage des années, des plats comme on les apprend grâce à Françoise Bernard ? La lumière aussi, de ce jaune particulier, appartenait au passé.

Je me souviens que nous nous étions dits que si Michel Piccoli et Romy avaient franchi le pas de la porte, nous n'aurions pas été plus étonnées que cela. C'était chouette, nous avions un peu l'impression d'être des voyageuses du futur et d'être tombées dans une faille temporelle, nous conduisant vers un Paris que nous n'avions jamais connu.

Voilà ce que la photo de cette belle actrice au destin tragique et le résumé des Choses de la vie m'a rappelé. Ce petit moment unique avec deux chères amies.

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

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