Une soirée au Wanderlust

Hier soir, donc, j'ai transporté mon popotin jusqu'au temple éphémère de la branchitude parisienne qu'est le Wanderlust. C'est moi ou cette phrase sent le destop ?

Ephémère parce que certaines rumeurs prétendent que le lieu aura dû mal à survivre une fois l'hiver venu (ce qui n'est pas sans rappeler le funeste sort d'une fameuse cigale) mais aussi parce qu'en capitale, un endroit à la mode en chasse un autre, à la cadence des saisons.

C'était soirée "Eté Marmont" du nom du célèbre Château (qui est en fait un hôtel, faut suivre) à LA. Mais pas de rosé californien à la carte (d'ailleurs, il n'y en a pas de carte voyons). Le lieu était bondé, le Minuty coulait à flot dans des petits verres en plastique (à pied, attends, c'est classe) et au prix de la bouteille, l'équipe offrait tout de même généreusement quelques glaçons.

Il fallait faire la queue pour entrer mais c'était plus un genre que se donnait le lieu : file serpentant le long de barrières de sécurité, grands et gros vigiles à oreillettes, ça montre tout de suite qu'on ne va pas pénétrer n'importe où. Mais l'attente n'était qu'une formalité et laissait quelques instants précieux pour observer les visiteurs.

En cette seconde quinzaine d'août, le lieu regorgeait de parisiens tout bronzés et fiers de l'être. Les filles, de 18 à 40 ans, arboraient des shorts d'où émergeaient leurs brunes gambettes. Les plus jeunes regardaient d'un air vaguement triste les deux trois cachets d'aspirine égarées là, tandis que les plus vieilles ne voyaient rien, aveuglées par le plaisir sans borne de porter un mini-short parce que "merde, après tout, même à mon âge, j'ai le droit, c'est encore un peu les vacances".

Je me souviens avoir entendu quelques phrases stupides comme on en dit tous dans ces moments-là et m'être fait la réflexion que dans ce troupeau de branchés, je n'arrivais plus à déceler les gens jolis de ceux qui le sont moins. L'uniforme de la hype semble lisser les traits, effacer les boursouflures et aspirer l'unicité pour faire de tous ces êtres rassemblés un grand tout.

Bref, je me serais crue revenue dans la cour du lycée, au milieu d'une compacte tribu. Peut-être parce que je ne suis encore que depuis quelques jours à Paris.

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

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