Le coup de la bague

Je dois me confesser.

En fait, non. Je ne me sens pas coupable à ce point-là et je n'ai aucun besoin d'expier… mais l'envie de partager une anecdote un peu ridicule, oui.

J'errais l'autre jour, seule, l'âme en peine (oui, il faut se donner une posture pour que ça ressemble à quelque chose) dans un H&M parisien. Je reluquais la collection Lana Del Rey et ses affiches placardées dans la boutique. Je lui trouvai d'ailleurs l'air d'être la fille d'un frère Bogdanov.

J'avais un quart d'heure à tuer, tous les prétextes sont bons, alors je me dirigeai vers les rayons réservés aux bijoux de pacotille dont se régalent les fashionistas de tous âges. En cette rentrée 2012, il faut que ça flashe, que ça brille, fluo, cristaux, l'un, l'autre ou, mieux, les deux. Cette tendance ne me déplaît pas tout à fait mais je me retiens: à mon grand âge, je crains de ressembler bien vite à Joan Collins dans un vieil épisode de Dynastie.

Ce soir-là, juste pour me divertir (la crise, les impôts, tout ça…), je glissai à l'un de mes majeurs une large bague chargée de brillants. Je mirai ma main ainsi parée, goguenarde. Ce bijou fantaisie jurait beaucoup à côté d'une bague infiniment plus précieuse, dont il était devenu voisin. Après quelques secondes, je me décidai à retirer la camelote et là, là… (vous le sentez venir ?) impossible de l'ôter. Mais impossible. J'essayais, de surcroît, à la fois de la retirer et de rester discrète… Mais impossible. Il y avait une petite musique qui flottait dans l'air moite et un peu confiné du sous-sol de la boutique et des jeunes à mèche déambulaient en grappe,  un ou deux me jetant des regards intrigués. Ou alors ma paranoïa croyait qu'ils me zieutaient. Mon majeur, à subir mon acharnement, commençait à être rouge et un peu gonflé. Et cette fichue bague qui m'avait amusée me paraissait maintenant d'un mauvais goût abominable. La file d'attente gonflait aux caisses et les vendeurs papotaient devant les cabines d'essayage, mâchouillant leurs chewing-gums d'un air las.

Je fis la seule chose qui me restait à faire : je fourrai la main dans ma poche, levai le menton, pris l'air digne calqué sur celui des vraies dames et empruntai l'escalator qui menait à la sortie. En franchissant les barrière anti-vol, je tressaillis, même si je ne risquais rien.

Ici, je me dénonce : le 25 septembre 2012, j'ai volé une bague moche à 4,95 euros chez H&M.

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

4 réflexions sur « Le coup de la bague »

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