J’écris sur le tableau blanc mes idées noires

Ce titre, on dirait les paroles d'une chanson de Marc Lavoine, non ?

La formule m'est venue hier soir, en me brossant les dents. Elle est un peu bateau, j'en conviens mais j'avais tout de même envie de la conserver. Parce qu'elle me correspond bien. De là à prendre le raccourci consistant à dire que je suis moi-même du genre bateau, il n'y a qu'un pas (et dieu sait que je n'ai pas du tout le pied marin) que je vous laisse franchir ou non.

Il y a quelques mois, j'ai écrit un texte intime. J'étais dans une période plutôt tourmentée, à fleur de peau, nerveuse. Trop d'émotions se livraient une bataille enragée à l'intérieur, tant et si bien que je me sentais dans un état meurtri, au figuré comme au sens propre. Les bleus de l'âme, dit-on… ils seraient apparus sur mon épiderme, je n'aurais pas été plus étonnée que cela.

J'ai relu un texte écrit ces jours-là. Pas un texte d'ailleurs, n'importe quel texte, non, le texte, celui qui raconte avec la force de nombreux détails ce que je vis et ce que j'éprouve. Je n'avais pas ouvert le document depuis des semaines. Je vais mieux, je suis sortie de l'oeil du cyclone (si tu me lis, excuse la dédicace de mauvais goût inside) et j'avais gardé dans un coin de ma tête le souvenir flou de ces lignes brûlantes.

J'ai réouvert le document et la violence, somme toute si personnelle des mots, m'a sauté au visage, comme une gifle sèche claque sur une joue encore tendre. Je me suis rappelée l'état exact dans lequel j'étais plongée. Je me connais depuis le temps que je me pratique : je savais que relire ce texte était me livrer à une forme de plaisir sadique.

Je voulais voir si de ces turpitudes pouvaient s'extraire un matériau utile à une fiction. Enfin, ça c'était la raison en carton. La vraie était que je voulais me souvenir. Le matériau est en moi au fur et à mesure du ruban de la vie qui se déroule. Les mots qui en découlent semblent s'améliorer à force d'exercice, comme l'on sculpte son corps à coup de cours de sport.

Avec le temps, la précision s'estompe, c'est aussi pour cela que j'avais écrit ces mots, l'on oublie la force d'une émotion, elle se dilue dans toutes les autres, petites ou grandes. Souvent, c'est une bonne chose, parfois, c'est dommage. Je crois que j'écris aussi pour ne pas oublier.

 

 

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

2 réflexions sur « J’écris sur le tableau blanc mes idées noires »

  1. Je comprends tout-à-fait ta démarche, mais ce que je veux dire surtout, c’est que je trouve ce texte très très bien écrit.

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