Je me souviens

Hier, à l’atelier, nous avons travaillé en nous inspirant de « Je me souviens » de Georges Perec. A sa manière, nous avons dans un premier temps listé une série de souvenirs de tout ordre, personnel, sociétal, historique en choisissant une période de nos vies. J’ai songé de 8 à 18 ans. Les évocations étaient variées grâce à nos âges différents.

Ensuite, dans nos listes, nous devions choisir trois souvenirs et écrire un texte sur chacun. J’ai parlé du début du téléphone portable, d’une photo de mes parents et moi dont l’image est très nette dans ma tête et d’un moment de télévision qui m’a marqué : le baiser de Clémentine Célarié à un porteur du virus HIV lors d’un Sidaction. Voici le texte :

A l’époque, il me semble que les médias ne parlaient que de lui, de ce virus. Il y avait eu Philadelphia où Tom Hanks avait brisé son image d’acteur gentil pour films légers, si loin des nuits blanches de Seattle. Il y avait eu toutes ces campagnes pour que l’on sache. Que l’on sache que ça n’arrive pas qu’aux autres, pas qu’aux homosexuels, pas qu’aux africains, pas qu’aux gens qui s’envoient beaucoup en l’air…

Il y avait eu « Jeanne et le garçon formidable », avec Mathieu Demy et Virginie Ledoyen, après les « Nuits Fauves » que j’avais lu en cachette, puis, vu une après-midi ensoleillée, dans le salon d’une copine, plongé dans l’obscurité, tous stores baissés. Il y avait eu aussi « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans ».

On avait fini par tout bien comprendre, comprendre qu’il ne fallait pas plaisanter avec ça et se protéger.

Il y avait eu ces émissions à la télé, en simultané toutes chaînes confondues mais elles n’étaient que six à l’époque et l’image de cette actrice entrain d’embrasser fougueusement un homme porteur de cette saloperie de virus. Et cette image est restée gravée là, dans un coin, comme pour agréger toutes les autres.

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

2 réflexions sur « Je me souviens »

  1. Je me souviens de ce baiser. De cette époque. Des nuits fauves qu’on était allés voir avec l’école. Et du personnage de Romane Boringer qui refuse le préservatif à un moment. Je n’ai jamais compris ce geste, dans ce film. Cette peur du sida vissée en nous par tout ce dont tu parles ne se retrouvent plus dans les nouvelles générations. Et l’épidémie repart, paraît-il.

    1. De ce temps-là (ouhh la vieille bique qui parle), il n’y avait pas de traitement qui permettait de (sur)vivre avec la thérapie, c’est peut-être pour ça qu’aujourd’hui on en parle moins… ou bien parce que le monde va globalement plus mal et qu’on n’a pas envie de s’en rajouter ?? En tout cas, ce mal de la fin du XXème siècle et sa médiatisation ont laissé leur empreinte dans pas mal de nos adolescences…

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