Par amour

C’est un homme très occupé. Un homme dont la vie professionnelle prend énormément de place et attire sur lui les feux, les phares, l’argent, les compliments, les critiques. Il exerce de ces professions rares où la routine s’inscrit à travers une quête perpétuelle de nouveautés. Son métier est aussi passionnant qu’exigeant, lui impose rigueur, discipline, un sens de l’organisation implacable. Sa profession l’absorbe, le happe, le dévore.

Seulement, il a rencontré une femme. Cela fait maintenant trois ans qu’il l’aime, petit à petit et de plus en plus fort. Son amour pour elle l’absorbe, le happe, le dévore.

Pour elle, il a choisi de réduire la cadence, d’ôter quelques flèches à son arc, ne plus capter par tous les biais les lumières ardentes des projecteurs.

Cette femme, je l’ai écoutée, il y a peu, c’est Delphine de Vigan, cet homme, c’est son compagnon, François Busnel, étoile au firmament audiovisuel dans la catégorie lettrée. Il arrête « Le Grand Entretien » qu’il tenait quotidiennement sur France Inter. Attention, il continuera de présenter « La Grande Librairie » sur France 5, de chapeauter la rédaction de Lire et de signer un édito dans l’Express.

Je suis tombée aujourd’hui sur l’information, au détour d’un clic. Sous l’article du site, les commentaires, comme souvent, se déchaînent. « Bon débarras » s’écrient ceux qui ne l’aiment pas, « Quelle hypocrisie ! Quelle excuse bidon ! » s’exclament les cyniques. D’autres encore pourraient lui reprocher son impudeur fleur bleue.

Dans l’interview qu’il accorde, François Busnel invoque l’envie de se consacrer davantage à sa vie privée, à sa vie tout court en fait, il a, je cite, pour projet de la vivre; en passant plus de temps, oui, avec celle pour qui son coeur bat plus fort.

J’ai envie de croire qu’il est sincère, il n’a rien à gagner à jouer les midinettes énamourées, non ?

Et s’il est sans doute moins difficile, lorsqu’on est François Busnel que vous ou moi, de laisser tomber une partie de ses activités pécuniaires au profit de son existence intime, je salue tout de même l’initiative. De plus, il me semble que les gens qui bénéficient de cette fameuse lumière artificielle, les phares, les projecteurs, appelez-les comme vous voulez, y sont parfois maladivement attachés, davantage en tout cas qu’au reste de leur vie.

Alors, François, merci, merci pour Delphine bien sûr qui reçoit là une preuve d’amour aussi touchante que maladroite peut-être et merci pour les hommes et les femmes, merci de montrer qu’il y a plus important que le statut social, le montant final de la paie, le qu’en-dira-t-on, il y a l’amour, il y a la vie.

D’ailleurs, Delphine me l’a écrit : « Rien ne s’oppose à la vie ! »…

L’article original

Publicités

Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

1 réflexion sur « Par amour »

  1. Et bien pour ça je l’aime un peu plus encore ce cher Mr Busnel.
    Ses entretiens quotidiens vont me manquer, cette dose d’intelligence me faisait un bien fou (je lui ai même pardonné l’ennui profond provoqué par l’entretien avec Mme Sarkozy), mais être capable de se détacher d’un métier qu’on adore et dans lequel on réussit par amour… Waouh!
    Il y a du Mr Papillon chez Mr Busnel, comment ne pas l’en aimer davantage? 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s