De l’art de la métaphore

Lorsque je veux écrire, il faut que je me prépare. Je le sais, je le sens. Je n’ai, en fait, pas vraiment le choix. Si je partais sans bagage, peut-être quelques temps pourrais-je croire que je n’ai besoin de rien d’autre que de cette envie qui me mord le ventre. Mais au bout de ces heures, de plusieurs milliers de pas, je serais forcée d’admettre que je ne vais nulle part.

Alors, je me prépare. de manière foutraque, au dernier moment, je réunis quelques outils épars, une carte, un guide, de quoi régler les questions élémentaires de la vie. j’ai souvent, avant de me lancer, feuilleter en rêvassant ce guide que j’ai choisi. J’y ai regardé les croquis, j’y ai lu les encadrés faciles et colorés où sont glissés les grossiers conseils et puis je l’ai refermé, me jurant d’y revenir avec méthode plus tard, ne le faisant jamais, le jetant dans mes bagages de telle sorte que je le retrouverai plus tard corné. J’ai lu avec passion les récits d’autres âmes qui ont entrepris à peu près le même périple, tout à tout admirative et critique.

Et puis, enfin, je m’en vais écrire, je pars. Je referme un temps la porte sur le reste. Oh, je n’oublie pas tout à fait le quotidien et la somme de choses futiles ou merveilleuses qu’il contient. Mais, le temps d’une escapade, je le laisse derrière moi. Je ne suis pas triste, je n’éprouve pas même une once de culpabilité, non, car je sais que je me ferai pardonner mon absence en racontant avec malice, au retour, le détail de mes péripéties.

Je prends la route, aussi excitée que trouillarde, aussi prétentieuse que ridicule et j’avance à tâtons. Au début, je ne sais quelle direction prendre. Je regarde depuis le bas-côté où file le gros de la meute et selon l’humeur, je la suis ou je la fuis. Quoiqu’il arrive, il y a toujours cet instant où, en dépit de la frousse, j’ai seulement envie de tracer ma propre voie. Oh, parfois, au bout du chemin, il n’y a qu’un cul-de-sac. Je suis alors obligée de revenir sur mes pas.

Pour reprendre mon souffle, pour me reposer, pour jeter un regard sur les distances parcourues, je fais une halte. Je feuillette les pages comme on fait défiler sur l’appareil photo à toute vitesse les images. j’accroche sur certains détails, des formes me séduisent, d’autres sont effacées, immédiatement mises au rebut. je fais un premier tri même si au fond de moi, il y a une toute petite voix qui me dit de tout garder, avec fierté; la voix de celle qui est déjà bienheureuse d’en être arrivée là.

Ce n’est peut-être pas le plus incroyable, le plus bluffant, ni le plus exceptionnel des voyages mais c’est le mien… à travers les méandres obscurs de l’écriture.

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

3 réflexions sur « De l’art de la métaphore »

  1. Jolie lecture qui mène à l’écriture.
    J’ai posé mes carnets, poussé mon stylo il y a quelque temps.
    Votre cheminement m’a donné envie de retrouver ces sensations et de reprendre ma route.
    Merci !

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