Introspection

NDLA : Ce texte répond à une demande dans le cadre de l’atelier. J’ai hésité à le poster ici, entre orgueil et pudeur, pour finalement trancher. Il a sa place sur ces pages comme la marque d’une réflexion sur mon processus d’écriture.

J’ai beaucoup repoussé le moment d’écrire ces lignes. Pourtant, je savais bien que je n’avais d’autre choix que d’en passer par là.

Je relis ces mots et même sitôt après les avoir tapés, je les trouve outranciers. Ce n’est pas grave.

Mais sérieux, important.

« Et maintenant, que veux-tu faire de cela ? » tu demandes.

Tu crois que je ne me la suis pas posée des tas de fois cette question ? Tu crois que je n’ai pas déjà mille fois tracé des plans sur la comète ?

Non je ne m’énerve pas.

Non, tu ne le crois pas. Tu sais sans doute et si jamais tu l’ignores, tu auras deviné un peu, peut-être, à force de me lire, ce qui se cache derrière mes mots. Je n’ai jamais été douée dans l’art de la dissimulation.

Voilà un an et demi que j’écris de façon plus régulière, que ma plume crache, court, s’assouplit au fur et à mesure des exercices d’écriture. Jamais je n’avais tant produit. Parfois, j’ouvre l’onglet du dossier sur l’ordinateur, je regarde la liste des fichiers qui s’étend et je suis stupéfaite par leur quantité. Je sélectionne un document au hasard et je parcours en diagonale les mots pour me rappeler, humer le texte, ressentir sa substance, me rappeler les personnages.

Je relis rarement en profondeur. Tu sais pourquoi ? Parce que j’ai peur de trouver ça salement mauvais. Je suis toujours si contente lorsque j’achève un texte, un peu fiévreuse aussi … Relire et m’apercevoir que les lignes ne sont pas dignes de l’excitation qui m’a gagnée au moment de leur rédaction est une déception que je préfère m’éviter. C’est un peu lâche, un peu facile.

Les textes s’empilent virtuellement, la liste grossit au fil des mois. Seulement maintenant quoi ? A quoi j’aspire pour continuer l’atelier sans me poser la question ?

J’aimerais des choses contradictoires: aborder l’écriture avec plus de légèreté, ne pas me sentir écrasée par le poids de la discipline que je sais nécessaire mais aussi creuser davantage, aller plus loin relire, réécrire, retravailler, peaufiner, améliorer, ciseler et ne plus laisser s’enfuir les idées.  Ne pas me contenter de la matière encore trop brute de sous mes doigts, aller plus loin, plus profond. Chercher la pépite. Dit comme ça, ça fait très prétentieux mais ça ne l’est pas. Ma pépite, c’est peut-être juste un zircon. Mais j’aimerais déjà le déterrer.

J’écris depuis l’enfance, en dilettante. J’aimerais ne plus être inconséquente, voir mon désir surpasser le poids de la paresse et de la crainte.

Puisqu’on est entre nous, je peux bien te le dire : je voudrais posséder la certitude que l’effort en vaut la peine pour avoir le courage de continuer, coûte que coûte. Certains disent que la flamme qui les anime est le seul carburant nécessaire à les faire avancer, je ne suis pas de ceux-là.  Je le regrette amèrement mais je n’ai plus assez de temps pour ne pas l’admettre.

L’atelier était une béquille les premiers temps, voire un produit dopant, il m’a donné le ressort nécessaire  pour construire des histoires, en faire filer certaines sur plusieurs propositions, m’apercevoir de mes faiblesses ou, au contraire de certaines de mes bonnes touches. Il m’a fait mettre un pied dans l’univers des écrivants, participer (même si à ce jour toujours en vain, oui, oui) à des concours, il m’a fait parler à beaucoup plus de monde de ce goût et agrandir le cercle de mes lecteurs. Il m’a fait admettre que j’aime ça, viscéralement.

Aujourd’hui, il doit continuer à être un appui formidable pour m’aider à passer à l’étape supérieure. Laisse-moi t’expliquer ce que j’entends par là : je veux construire une histoire avec des personnages épais, je veux tisser au moins une trame suffisante pour que mes bribes se lient les unes aux autres, tiennent debout, ensemble et fassent un récit solide auquel beaucoup puissent croire. Je veux reconstituer le puzzle complet, au moins une fois.  Et après ? Après, on verra.

C’est un peu flou, je te l’accorde, à la même question, toi tu aurais sans doute apporté une meilleure réponse, claire, pratique, structurée.

Si je ne m’aventure sur ce chemin-là, c’est sans doute  que je n’ose pas formuler des désirs un peu trop grands, un peu plus fous. Néanmoins, ce que je peux affirmer c’est vouloir que l’écriture continue à prendre de plus en plus de place dans ma vie.

Tu m’aides ?

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

3 réflexions sur « Introspection »

  1. J’aime ce texte. Effectivement, il y a beaucoup de toi, plus que dans les fictions que tu publies habituellement, ou en tout cas, dans celui-ci, nous savons que c’est toi alors que dans les autres, nous ne pouvons que deviner qu’il y a une part de toi sans savoir laquelle et sans en être vraiment sûre (et sans vraiment se poser la question de toute façon, parce que quelle importance ?)
    Je veux bien t’aider, mais comment ?
    J’aime beaucoup ton style, je te l’ai déjà dit, je pense que tu fais bien de persévérer et un jour, j’en suis certaine, le travail paiera. Tu es la plus assidue des écrivants que je lis, je vois ton style évoluer, je ne saurais dire comment, mais je le sens. Continue de nous régaler !

    1. Merci pour ce commentaire 🙂 Oui, c’est un texte forcément beaucoup plus personnel. Je crois que j’aime bien en ponctuer le blog de temps à autre, entre les billets d’histoires en fait. Avec tes mots, tu m’aides, tu me donnes l’énergie et l’envie de continuer, un immense merci.

  2. J’ai un peu, même beaucoup, perdu le fil de ta vie ces 15 dernières années. La seule chose dont je me souviens avec certitude et que j’ai pu constater durant ces quasi deux décennies, c’est la force que tu as de croire en ce que tu aimes, la volonté de t’en tenir à ce que ton coeur t’a dit de faire; ça peut éventuellement déstabiliser certaines personnes mais c’est cela qui fait ce que tu es, ce que tu écris et c’est comme cela qu’il faut vivre sa vie.
    Au diable les résultats de concours, ta sensibilité, ton désir, ton travail, tes lignes te sont propres et ne feront que s’affiner, s’enrichir et s’affirmer avec toi.
    Du talent tu en as, de la volonté aussi, tes lignes parlent et plaisent déjà à beaucoup de monde, un jour tu toucheras la ou les bonnes personnes qui sauront t’amener vers d’autres horizons favorisant ta réussite au sein des écrivants.
    Au plaisir de te lire

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