Lilas et moi et toi et moi

Etre artiste, c’est quoi ? Se retrouver pied et poings liés dans l’atelier d’un peintre barbu bizarre à poser dévêtue ? Offrir son oeuvre en forme de cds aux passants dans la rue ? Etre parent, c’est quoi ? Envoyer un billet d’avion comme on tendrait une main ou transformer le lait du bol de céréales en un monde en technicolor ?

A quoi peut-on ou doit-on renoncer sans trop compromettre son tempérament ? Jusqu’à quel point l’artiste est un animal nombriliste sensible ?

Ce sont ces questions, entre autres, qu’abordent Lola Bessis et Ruben Amar dans ce joli film, petit bijou fantaisie un peu classe, sans toutefois avoir l’insolence de délivrer des réponses catégoriques.

Le spectateur entre dans l’univers du film comme Lilas, la jeune vidéaste française à la mère à jamais célèbre, débarque chez Leeward, le grand papa-gamin talentueux, au milieu d’une soirée. Elle ne connaît personne ou presque et se laisse peu à peu séduire par la musique de Leeward comme le spectateur par l’ambiance bohème qui nimbe chaque plan. La manière dont les personnages sont filmés donne l’impression qu’on est au plus près de ce qu’ils sont, presque dans leur chair, je pense ici en particulier à la scène du dîner dans la famille (juive) de Leeward.

Le film regorge de jolies trouvailles : le double prénom de la fillette de Leeward et Mary, le parti pris de déconnecter presque totalement les personnages de leur époque – il ne reste que les Iphones comme preuve que l’histoire a lieu maintenant, bien utiles d’ailleurs pour entendre les messages successifs comme des appels d’amour modulé que laisse Mme de Castillon à sa fille…

Est-ce que c’est réaliste ? Non. Mary, l’épouse, accepte trop de choses, Lilas est une squatteuse trop jolie, les choses s’arrangent un peu trop bien mais peu importe, en fait on s’en fout ici du réalisme. C’est de l’art et ce qui compte c’est qu’on se laisse emporter dans l’univers cousu ici et que le temps que dure le film on glisse aux côtés des héros et de leurs histoires aussi profondes que dérisoires.

Tenté ? Allez-y avant qu’il ne soit trop tard (mais ne regardez pas la bande annonce, comme souvent elle en dit trop ou pas ce qu’il faut… préservez le charme !…)Swim-Little-Fish-Swim-photo-Lola-Bessis

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

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