Ecrire, trinquer, danser

Je déteste ce mot : abattu. Depuis le 13 novembre, son emploi m’est encore plus insupportable. Il me paraît tellement déplacé. Pourtant…

Il y a quelques jours, j’avais écrit un texte que je n’ai pas su poster; je trouvais mes mots creux, idiots et dérisoires et j’avais peur que cela reprenne.

Depuis, il y a eu Bamako et l’ombre noire planant sur Bruxelles.

En janvier, nous étions choqués. En novembre, nous avons peur.

Je déteste ça, je ne veux pas, je suis profondément en colère d’être dans cet état. Je veux bien aller boire des coups en terrasse et tromper le goût du désespoir avec celui du mojito. Mais je sais bien que cela ne suffira pas…

Alors quoi ?

Je n’arrive pas à m’intéresser aux origines du Mal, c’est au-delà de mes forces même si je sais que savoir c’est comprendre… l’incompréhensible.

J’ai lu 10 fois la lettre d’Antoine Leiris aux meurtriers de sa femme.

J’ai souri de tous ces mèmes  sur Jawad et je me suis étonnée du besoin général de faire ces vannes, comme une bouffée d’air alors que c’est irrespirable.

J’ai regardé le puzzle des visages des disparus du 13 novembre en ayant l’impression d’y voir tant de figures qui auraient pu être amies.

Je me suis connectée aux réseaux sociaux en ayant peur d’y découvrir à chaque fois de nouveaux drames.

J’ai marché un peu plus vite dans le métro et remontée à pas soutenus l’avenue des Champs-Elysées.

J’ai ouvert mon sac dans tous les magasins où je suis entrée.

Je n’ai pas suivi le mouvement #prayforparis parce que je ne crois pas que ce soit de prières dont on ait besoin.

J’ai décidé de zapper toujours très vite désormais quand, par inadvertance, la télécommande s’arrête sur BFM TV.

J’ai frissonné en entendant des sirènes de police.

J’ai repensé à mon studio au 5ème, rue de la Fontaine au Roi et à la manière légère et inconséquente dont j’y vivais à l’époque…

(…)

J’ai eu très mal, comme nous tous.

(…)

Alors… je suis venue ici poster quelques mots. J’espérais bientôt retrouver le goût d’écrire des histoires futiles parlant d’amour. J’ai trinqué avec mes amies, mes parents. Et puis, j’ai eu envie de danser, de danser… Pour me sentir présente, vivante, vibrer, pour dénouer un tout petit peu le noeud là au creux de mon ventre…

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

Une réflexion sur « Ecrire, trinquer, danser »

  1. Pleurer des larmes qui coulent seules de nos yeux ensanglantés
    Sentir son coeur se serrer à cette seule pensée : ce soir là les balles étaient pour eux ces innocents aux mains pleines
    Vivre malgre tout et tenter un monde meilleur pour tout ces petits enfants qui ont la vie devant eux
    Vous aimer tous de tout coeur

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