La Forêt de quinconces

Dimanche matin, j’ai enfourché ma bicyclette malgré la fatigue et le mal de tête diffus causé par la coupe de champagne de trop de la veille. Il y avait ce film qu’il était absolument hors de question de manquer.

Un film intime, romantique, un objet d’art décroché d’une quelconque réalité. Une fantaisie, une fable, un rêve, une poésie en images et en sons qui m’a laissée séduite, charmée, envoûtée : La Forêt de quinconces.

Entendons-nous bien : la Forêt de quinconces mérite que l’on s’y perde, de se laisser tenter par la balade troublante qu’elle propose.

Une disposition en quinconce (du latin quincunx, par 5) est un arrangement de cinq unités, comme celui que l’on voit sur un  : quatre arrangés en carré, un au centre.

Par extension, une disposition en quinconce est une disposition répétitive d’éléments, ligne à ligne, où une ligne sur deux est en décalage de la moitié d’un élément par rapport à la ligne qui la précède ou qui la suit.  (merci Wikipedia).

Paul, le héros de la fable, erre au milieu des perspectives, ne sait plus ce qu’il fait, où il va, ce qu’il doit croire, ensorcelé par deux jeunes femmes dont les visages sont des palettes sans cesse changeantes, accroissant le trouble du personnage principal.

Rien n’est ordinaire dans la Forêt de quinconces, tout est merveilleux: de la scène centrale du film (à mes yeux), la rencontre de Paul et Camille depuis une rame de métro jusqu’aux planches d’un théâtre où ils se joignent à une troupe de danseurs pour ne former qu’un seul corps, à une conversation dans une cage d’escalier, d’un échange avec un sans-abri bien étrange à une bataille d’oreillers entre frère et soeur. C’est cela qui nous emporte dans l’univers du réalisateur : le réel se nimbe de merveilleux, le surnaturel est admis et tout se mélange sans fausse note. Grégoire Leprince-Ringuet nous emmène avec lui de l’autre côté du miroir, par la grâce de ses images habitées. De belles idées, une versification qui sert à merveille le propos et ajoute une musicalité bienvenue, des acteurs d’une justesse folle : le film prend et nous enveloppe. J’ai pleinement basculé dans son univers le temps de la séance, j’étais comme émerveillée par le tour d’un magicien.

La Forêt de quinconces est un très beau premier film, une démarche artistique d’une sincérité bienfaisante, parvenant à toucher droit au coeur les spectateurs. Un film que l’on regardera encore, avec un plaisir toujours renouvelé, à l’affût de ces détails que l’on aurait pu manquer, comme on relit de beaux poèmes d’amour.

En ce moment dans les bonnes salles.

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

1 réflexion sur « La Forêt de quinconces »

  1. Merci Elsa pour cette incitation au plaisir de voir! Style toujours aussi juste avec ses mots choisis et acérés ! Bises à toi Lzarama

    Envoyé de mon iPhone

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