Des rôles à jouer

Mercredi soir, à la fin d’une journée historique, je suis allée assister à un débat retransmis sur les réseaux sociaux entre des citoyens et un candidat à la course à la présidence. Un candidat qui ne sera pas élu,  sans aucun suspense, ni à la tête de l’Etat ni même avant, puisqu’il devrait déjà passer le cap des primaires des Républicains.

J’ai traversé Paris, quelques questions notées sur un cahier, déterminée.

 

Je suis sortie de cette émission dépitée et pas seulement à cause des trombes d’eau qui m’ont barré la route jusqu’à la station de métro. Je suis sortie déçue parce qu’à la fin de cette triste journée de Novembre qui a vu les électeurs américains choisir de se faire gouverner par un épouvantail, je me suis aperçue que j’avais fondé beaucoup d’espoir en la possibilité d’une expression démocratique.

La promesse était alléchante : aborder sans filtre et en comité restreint un candidat à l’élection de 2017, envers laquelle un nombre croissant de gens éprouve une inquiétude plus ou moins forte mais très réelle désormais.

Peu importait le candidat, je voulais entendre une voix. Comprendre ce qui nourrit tant d’ambition et si, à la lumière d’une élection dont le verdict nous ébranle encore un peu davantage, il était possible de sortir des rails, d’aller un peu plus loin et de proposer de réponses neuves ou différentes, concernées.

Mais non : d’une part, un candidat à l’agenda minuté, rôdé aux meetings de campagne, aux serrages de paluches et aux questions vagues, balayant en quelques phrases l’état de la gent politique et les menus soucis du quotidien, généreux en matière de regards pénétrés et de l’autre un auditoire pavoisant, si fier de tendre des pièges rhétoriques à un énarque, des vrais-faux citoyens grandes gueules posés-là un peu exprès, parfois même légèrement condescendants. Je nous ai tous trouvés bien moyens. Je nous ai trouvés en dessous, nettement, du défi qu’il faut relever pour espérer une lueur d’espoir au bout de cette obscurité, enferrés dans des stéréotypes grotesques malgré une situation dégradée.

Je n’ai pas ouvert mon calepin, je n’ai pas pu, pas su trouver le moment où aborder mes questions à travers des thèmes que je n’ai pas entendu posés par les autres, ni leurs réponses évoquées par le candidat, qui nous a beaucoup renvoyé à son programme de 1012 pages.

Je suis sortie, il pleuvait à torrents, je n’avais pas de parapluie, il était presque 21h et il faisait nuit d’encre. J’ai marché très très vite. En chemin, beaucoup de travaux, je ne savais pas où m’avancer pour traverser et un panneau sens interdit, barré du mot Paix. Je l’ai pris en photo et je me suis dit, un peu mélancolique, que ce n’était certainement pas pour demain.

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Auteur : Lzarama

J'aime la mode, les bons restos, les chats mais ici je n'en parlerai pas. Enfin, je crois.

1 réflexion sur « Des rôles à jouer »

  1. Il est mince l’instant où on se laisse à penser : Tel ou tel candidat va peut être changer les choses en mieux. Dès lors qu’il ouvre la bouche, le doute s’estompe. Chaque fois qu’un homme proclame des paroles sensées et nuance son discours, il est mis sur le banc de touche. Pourquoi ? Mystère, sûrement parce qu’il faut rentrer dans un moule ou avoir une étiquette distincte pour être soutenu. J’ai été déçu par le choix des ricains mais il faut garder espoir dans l’humain car que peut-on faire d’autre ?

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