Oyez oyez (oh yeah?!?)

Bonjour, momentanément éloignée de la blogosphère, je déclare très officiellement ce blog provisoirement en panne, K.O, HS, out of order, en vacances, offline…

Mais ce n'est qu'un au revoir…

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Parlons-nous d’amour…

Sur Vox, via les médias, dans la vitrine du fleuriste en bas de la rue, il neige de l'amour, des coeurs rouges et énormes, des idées cadeaux plus ou moins heureuses pour la Saint Valentin…

Des millions de célibataires, des âmes (plus ou moins) en peine qui cherchent une main à serrer dans l'obscurité d'une salle de ciné, des lèvres à embrasser à la lumière d'un réverbère, un corps contre lequel blottir le soir, une personnalité à laquelle se confronter, un peu de ça ou encore le tout…

Chacun cherche un autre, assoiffé d'amour, pressé d'aller au but, tiraillé par ses instincts et par la pression du qu'en-dira-t'on (ah oui, il/elle est seul(e)… Bizarre…).

Mais finalement plus que la fin, le plus agréable ne réside-t-il pas dans les moyens?

La critique de Nouvelles sur le sentiment amoureux faite par les Inrocks (oui, encore eux, je ne diversifie pas assez mes sources…) me conduit ce soir à écrire ces lignes. Une spécialiste de la narratologie, Christine Montalbetti, aborde le thème de l'amorce de l'amour, de son annonce, à travers six récits de fiction.

Délicieux moments que ceux où l'hésitation, la timidité, la tétanie, le doute nous saisissent face à l'objet du désir. Aussi atroces qu'ils puissent paraître au présent, ce sont presque toujours de délectables madeleines de Proust dont on se régale tôt ou tard ou que l'on se remémore avec tendresse.

Finalement, il y a un vrai trouble dans l'inaction… Alors la mise en péril de soi relative avant que les choses ne se passent, la rêverie et la crainte, sources de plaisir?

Cette réflexion n'est en rien un coup de griffe personnel dans le mythe de l'amour, le vrai, celui qui dure… Seulement, à l'ère où l'on cherche à le trouver comme on achète ces céréales au supermarché, il me semble important d'un moment s'arrêter, de songer et de mieux savourer chacun de ce genre d'instant.

 

Das Leben der Anderen: recommandation du dimanche soir

L'affiche d'un film est bien entendu l'un des éléments marketing destiné à faire se déplacer le public dans les salles. Si ces dernières semaines, le métro parisien a été envahi par celles de "Danse avec lui", par exemple, le dernier film de Mathilde Seigner, de Sami Frey… et d'un cheval(!!) assez explicites sur le contenu du scénario, il n'en va pas de même pour La Vie des Autres.

 

Ma séance ciné improvisée de ce soir mérite mieux que son affiche: les mentions des récompenses (justifiées!), un couple et une étreinte à venir d'un côté, un homme en pleine écoute de l'autre…

Un résumé un peu réducteur pour un drame dense qui aborde une époque si proche mais aussi floue pour beaucoup d'entre nous: la RDA des années 80 et le règne de la Stasi sur la pensée.

Difficile pari relevé avec brio que de parler de cette défunte Allemagne et des atrocités morales commises sur le peuple, encore davantage quand les héros représentent l'élite culturelle de la nation…

Mais le parti pris du film d'espionnage romanesque est une réussite! Le réalisateur joue cette partition en prenant le temps d'installer l'atmosphère, le décor (gris, lugubre, dépouillé jusqu'au ridicule… voir les plateaux repas du Ministère de la Sécurité d'Etat…!) et de livrer une étude psychologique des personnages fouillée.

2h17 d'un cinéma comme il n'y en a pas suffisamment…

Etonnant, pathétique, troublant, dérangeant…

Je suis née en France, en 1981 et plus précisément 5 jours après que la loi abolissant la peine de mort ait été promulguée.

J'ai cette chance, la chance de n'avoir jamais été touchée par cette question en tant que citoyenne mais simplement en tant qu'être humain puisque la peine capitale n'est plus appliquée à l'intérieur de nos frontières.

Mais s'il y a un espace où les frontières n'existent plus, c'est peut-être Internet qui nous transporte en quelques clics à des milliers de kilomètres et en l'occurrence sur le site du Texas Department of Justice (je commence à décidément beaucoup parler du Texas sur ce blog…!!).

On y trouve un bien sordide recueil: les dernières déclarations publiques qu'ont le droit de faire les condamnés à mort avant leur exécution. Une page les répertorie: un clic et vous découvrez leurs visages, le crime pour lequel ils ont été condamné et leurs derniers mots… Certains revendiquent jusqu'au dernier instant leur innocence, d'autres avouent leur faute, s'expliquent sur leurs motivations, se repentent, cherchent à expier, en appellent à la grâce de Dieu… La plupart témoignent une dernière fois leur affection à leurs proches…

Les lire met mal à l'aise, rend songeur… Le soupir rempli du soulagement que finalement tout cela se passe ailleurs, dans un autre pays, n'est pas loin. Ce n'est pas glorieux de le dire mais c'est vrai…

Comment en suis-je arrivée à parler de cela aujourd'hui sur Vox, penseront peut-être ceux qui lisent ces lignes?

Réponse: grâce (ou à cause?) d'un article paru dans Courrier International qui aborde la peine de mort et sa remise en question aux Etats-Unis: de plus en plus d'Etats américains instaurent en effet des moratoires sur les exécutions. Une nouvelle qui en réjouira beaucoup, notamment l'organisation Ensemble contre la peine de mort et l'actuel premier minsitre français Dominique de Villepin qui affirmait, selon une dépêche Reuters du jour, la détermination totale de la France à agir pour l'abolition de la peine de mort dans le monde.

En attendant, en un mois, déjà deux exécutions ont eu lieu au Texas…

Les derniers témoignages sont sur…

http://www.tdcj.state.tx.us/stat/executedoffenders.htm