Contemplations et je remets le son…



Dans un autre registre…

Il n'y a que le son, le son pour me couper du reste, de la foule, des corps, du stress et de la course contre le temps auquel nous nous livrons tous, parfois malgré nous, dans les grandes villes.

Ce matin même, je me suis retrouvée dans la peau d'une sardine vêtue de pied en cap, mais d'une sardine tout de même. Perturbation du service des transports. Corps compressés. Proximité physique involontaire. J'avais la sensation -réelle- de pouvoir tenir debout sans m'accrocher à rien. Merci aux frères de mon espèce. Pour m'extirper de cet étouffement de certains de mes sens -l'odorat encombré par les parfums, la vue bouchée par des chevelures, le toucher contraint- j'ai tout misé sur l'ouïe et augmenté le volume de mon mp3. Ainsi plongée dans mon monde sonore, je me suis détachée de la foule environnante. Seul moyen efficace pour lutter contre une poussée d'agacement, d'agressivité même…

La musique est une plus douce compagne, embellissant par ses atours, les petits moments du quotidien. Arpenter les couloirs du métro, portée par un rythme, une mélodie, a le pouvoir de tout changer, donne une autre lumière aux choses, un autre air aux regards des autres, ravive les couleurs ternes du "paysage". Elle apporte ce-je-ne-sais-quoi d'atmosphère et de magie qui nous manque parfois… J'ai souvent rêvé de pouvoir choisir une B.O idéale aux instants cruciaux de ma petite existence, insignifiants pour certains mais forcément plus importants pour moi. Faire pause une seconde, dire aux autres personnages de s'arrêter une courte minute et aller appuyer sur Play pour lancer la musique adéquate… Et observer aussi comme ce choix peut être déterminant: se balader "Now at Last" avec Feist ou sautiller sur "Take me Out" de Franz Ferdinand ne plongent pas dans le même état…

Ce matin, j'étais avec Feist dans le métro et finalement… je n'y étais plus tout à fait… Les contours plus nets, les coloris accrus, les formes plus précises.

Le vendredi, c’est ravioli



Un vent de folie souffle ce soir sur mon blog…

Je n'honorerai pas la communauté VOX de mes sélections culturelles habituelles (sachant que la notion d'habitude est toute relative puisque je ne suis inscrite que depuis un petit mois…)

Mais la froideur, la fin de la semaine, la fatigue, le beaujolais à la banane m'incitent ce soir à des réflexions d'un autre ordre…

Eh oui est venue l'heure du pyjama en pilou, des soirées télé bien au chaud, des petits plats en sauce et je me mets à rêver qu'après Paris Plage, M. Delanoë et ses comparses nous gâtent dans un futur proche avec un Paris Neige! Dévaler les buttes Montmartre ou Chaumont sur une jolie luge peinte en rouge, faire des bonhommes de neige au Luxembourg, chausser ces moonboots pour traverser les Tuileries

Mais imaginons, toujours dans ce même futur proche, qu'après avoir profité des plaisirs blancs, nous rentrions chez nous et zappions sur notre télévision, aux milliers de chaînes aux logos et sigles compliqués, pour choisir la taille, le poids, la couleur et le sexe du présentateur du JT de quelques pressions de notre index sur une télécommande. Ensuite, un peu comme dans les actuels shows de télé-réalité, il suffirait de taper ou deux pour voir la suite du sujet, décider de s'intéresser quelques secondes de plus aux problèmes des uns, à la douleur des autres.

La malinformation poussée à son paroxysme, les producteurs mettraient en scène des comédies musicales, retraçant la course à la présidentielle de 2007, avec Hélène Ségara à l'intérieur du tailleur de Ségolène, Annie Cordy dans la peau de Bernadette Chirac, l'ensemble chorégraphié par l'inénarrable Kamel Ouali, spécialiste notoire des fresques musicales historiques…

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhh…. Laissons tomber Paris Neige, l'anticipation a vraiment quelque chose d'effrayant…


Promis, lundi, retour à un fond plus traditionnel…

Le discount pour plumes en herbe

Lu dans la presse: publier pour une somme modique est enfin faisable!

A la manière de notre cher VOX, le site américain http://www.lulu.com est désormais accessible aux apprentis écrivains du vieux continent. Il est possible de publier gratuitement en ligne même si l'oeuvre n'est pas destinée à être imprimée (à l'inverse du concurrent de lulu, publibook). L'auteur est le seul propriétaire des droits de son texte et fixe lui-même le prix auquel son livre pourra être vendu une fois paru. Ainsi, même s'il le met en ligne sur lulu et qu'il en imprime plusieurs exemplaires, il peut toujours contacter par la suite un autre éditeur.

Lulu se présente à la fois comme le moyen de réaliser de beaux cadeaux (recueil de ses recettes de famille, de ses poèmes d'adolescence…) pour ses proches mais aussi comme une rampe de lancement pour de potentiels talents. Remercions l'ère du numérique grâce à laquelle il ne revient pas plus cher d'imprimer son oeuvre en un ou en 5000 exemplaires…

Les concepteurs de Lulu peuvent se frotter les mains et se féliciter: leur idée combine judicieusement sens des affaires et sens social…
La seule question qui demeure est de savoir si à trop vouloir rendre accessible à tous le destin d'écrivain, on ne risque pas de se retrouver noyé parmi les chefs d'oeuvre et les navets et de ne plus distinguer le bon grain de l'ivraie… Un trop grand foisonnement ne nous empêchera-t-il pas de dénicher les perles rares?

Patrick Rotman, notre Michael Moore?

Voilà, je viens d'éteindre le poste après avoir attendu la fin du générique. Si j'ai raté le début de "Chirac, le jeune loup", à partir du moment où j'ai zappé sur la chaîne, il n'était plus question de la quitter. Jusqu'au dernier plan, je voulais regarder cet ovni télévisuel.

Il n'est en effet pas dans les habitudes de la télévision française de diffuser ce genre de document sur un chef d'Etat encore en fonction et de surcroît sur le service public. Patrick Rotman a gagné ses galons d'historien télévisuel il y a deux ans déjà avec l'excellent "Eté 44". Certes, Chirac est en fin de règne mais l'audace est assez grande pour mériter d'être soulignée et saluée.

Le travail de Rotman sur l'actuel président de la République peut-il être comparé à celui de Michael Moore? Le rapprochement est vite fait et les similitudes dans le traitement documentaire peu nombreuses. Oui, Patrick Rotman pare son essai de quelques effets de manche pour le rendre plus attractif mais jamais gratuitement, comme ces images insolites et rarement diffusées où l'on voit VGE au micro tandis que derrière lui Chichi lance des oeillades noires ou bien quand il se fait des tartines de pâté… Surtout, à l'inverse du documentariste américain, Patrick Rotman, comme il le dit très bien lui-même dans une interview donnée à Télérama, "suggère plus qu'il n'assène…"

Maintenant quelle est l'utilité d'un tel document pour vous et moi? Rotman, doctorant en histoire politique, réussit-il le pari de faire de la télévision intéressante, intelligente et à portée de la plupart? Son bagage lui permettrait de faire des documentaires pour un sérail d'intellos mais ses précédents succès lui ont ouvert des portes. Alors, le défi est-il relevé?

Sans juger l'homme, parce que nous n'aurons, selon nos convictions personnelles, pas la même opinion, il est important de souligner l'efficacité du document qui nous rappelle ou nous apprend, c'est au choix, comment se passent les choses de l'autre côté de la barrière. Ne nous voilons pas la face, les politiques font passer leurs intérêts avant ceux de la nation. Une fois encore, je ne peux me permettre (mon savoir en la matière est trop restreint…) de dire si c'est sensé ou non, s'il a eu raison ou tort, mais Jacques Chirac, comme nous le remémore Rotman, a incité les militants de son parti à voter pour François Mitterrand au second tour de l'élection de 1981 afin d'avoir le champ libre à droite… EDIFIANT! Le documentaire montre aussi comment quelques années auparavant, Chirac et Giscard se livraient une sorte de guerre froide. Scène très symbolique que celle où VGE, arrivant à son 1er conseil des Ministres en tant que Chef de l'Etat, "oublie" de serrer la main de son sémillant premier ministre…

Le travail de Patrick Rotman met en exergue toutes les manipulations, les coups bas et les trahisons que n'hésitent pas à commettre les hommes politiques pour parvenir au sommet. Il nous rappelle que celui que nous voyons désormais plutôt comme un vieil homme fatigué rua un jour dans les brancards et joua les grands stratèges pour arriver à sa place actuelle. Certains commentaires de ses "camarades" comme de ses adversaires ne sont pas dénués d'ironie.

Le premier épisode s'achève en nuance. Le réalisateur nous interroge sur la personnalité de l'homme politique. Que cache Chirac (et sous-entendu tous ceux qui exercent comme lui des fonctions politiques) sous ses airs d'hyperactif et d'assoiffé de pouvoir?

Patrick Rotman, notre Michael Moore?

A cette question, je décide de répondre non car même s'il ne partage pas les idées politiques de l'actuel président (rappelons qu'il réalisé un documentaire semblable sur François Mitterrand) là où Michael Moore semble vouloir diriger le cheminement de notre pensée, Rotman nous invite à davantage de réflexion…

 

La suite demain…

PS: J'espère que le score d'audience sera à la hauteur et je m'interroge sur les réactions du biographe de la 1ère dame… également patron actuel de France Télévisions…