Perché(es)

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Ce dimanche, il semblait que tous les éléments avaient compris que nous basculions en automne. L’air était nettement plus frais que la veille, les feuilles étaient plus brunes et tombaient plus vite, les nuages gris épais s’amoncelaient au-dessus de nos têtes, volant tout au long de la journée la vedette au soleil. L’été avait un peu lutté contre les cartables et les cahiers, les marrons et les habits neufs mais ce jour-là perdait la manche.

Je résistais aussi encore, arpentant la ville bras nus mais je n’ignorais pas que bien vite je me laisserais moi aussi glisser dans l’humeur de l’automne.

En attendant, j’attachais à ma mémoire le haut du tableau, ce beau ciel bleu admiré quelques jours plus tôt, cette lumière bien jaune, bien forte, propre à la chaude saison et ces chaises d’arbitre posées là. Quatre sièges propices à bien des histoires : qui s’y assied ? Que regardent-ils et quelle idée, pourquoi ? Quand et comment avaient-ils songé à installer là des perchoirs d’où guetter une partie du reste du monde ?

Le temps nous entraînait dans son sillage irrémédiablement, il ne nous empêchait pas toutefois de nous interroger et d’inventer nos légendes. Moi, en tout cas, je n’arrêterai pas.

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Et si tout recommence

J’ai reconnu, je crois, le même costume qu’il portait sur les photos de leur mariage. Je n’avais pas remarqué  avant son dos un peu voûté et j’en imaginais le chagrin forcément responsable. Leur petit garçon était habillé tout de blanc et malgré ses cris déchirants, il représentait l’espoir, l’avenir, la vie. Il y avait des torrents de larmes et encore plus d’amour charrié pour celle disparue bien trop tôt.

Il y avait cette main amie que je serrais très fort dans les moments les plus douloureux. Dehors, le soleil caressait les feuilles des arbres et les pierres tombales polies par les années. Ces rayons automnaux, des doigts aimablement repliés sur les miens, tout était bon pour supporter un peu l’inadmissible. Dans ce cadre solennel, la tristesse et la paix étrangement se mêlaient, et j’espérais, menaient à une forme de sérénité.

Il était nécessaire de dire adieu, de dire bravo. J’aime penser qu’elle a entendu l’écho de nos applaudissements, un tonnerre pour elle, pour souligner sa force et son incroyable courage. Qui sait ?

Nous sommes lundi et après six mois, tout a recommencé : je suis retournée travailler, j’ai emprunté les mêmes allées, la même rame bondée, un peu plus j’aurais pu songer: « tout est pareil ». Mais sa disparition et mon enfant sont à mes yeux les marques frappantes de cette croyance erronée. Les lignes ne sont pas figées.

Ce soir, je suis allée chercher mon fils, j’ai couru vers cet amour encore neuf mais déjà si fort. Définitivement, les choses avaient changé. Restait à voir si elles pouvaient bouger encore davantage.

La salade du changement

Je peine plutôt à reprendre possession de mon espace virtuel.

Que diable se passe-t-il ? La source se serait-elle tarie ? Pourtant il ne me semble pas que j'ai peu de choses à dire, au contraire, parfois ça se bouscule… Peut-être l'inverse justement. Trop d'impressions s'accumulent pour me laisser le temps de les assimiler et de les retranscrire.

Robot empaqueté 

Je ne suis pas à l'aise avec le changement et ces dernières semaines, ils s'accumulent.

Nouveau toit, derrière le périph, un autre monde en quelque sorte !! Nouvel emploi dans une structure à l'opposé de ce que j'ai connu ces 5 dernières années. Brrr…

Toutes ces transformations sont pour le bien, le mieux ou en tout cas tendent vers cette direction, n'empêche que je ne peux m'abstenir de trembler, de douter, d'angoisser quand s'amorce chaque nouveau virage.  Quel tempérament, quel courage ! Je me fais l'effet d'une pauvre couarde.

N'empêche, j'aimerais vous y voir vous, passer de l'autre côté du périph…