La mémoire et la psyché

Les émotions et l'état d'esprit influent beaucoup sur la mémoire.

L'histoire et nos histoires sont des miroirs, se regardent et s'interpellent le long d'une vie.

Je me souviens ainsi de la jeune femme de 20 ans que j'étais lorsque je vis, comme des milliers d'autres, sur l'écran de télé familiale les tours de Manhattan s'effondrer. Je me rappellerai certainement de la quasi trentenaire que je suis désormais écoutant en boucle sur les ondes de Radio France les correspondants étrangers raconter le désastre japonais.

Ce que l'on se remémore bien plus tard, ce sont souvent des bribes, des détails anecdotiques puisque la grande histoire nous échappe, puisqu'on en connaît qu'une version remâchée par nos canaux d'informations habituels auxquels, généralement, l'on se fie.

L'histoire, de plus, ne nous appartient que rarement, nous n'en sommes la plupart du temps, là où je me trouve en tout cas, que les témoins attérés, les chanceux épargnés.

Je me souviendrai certainement m'être rendue compte que ces correspondants français s'expriment avec un accent japonais prononcé, chose à laquelle je n'aurais pas spontanément songer.

Je me souviendrai peut-être de la une de Libé en ce début de printemps parisien ensoleillé : Queen Elizabeth, placardé sur le kiosque en bas de chez moi. Je me souviendrai aussi d'avoir trouvé un peu ridicule les doublages d'un vieux film avec Liz Taylor, diffusé en hommage ce soir-là. De m'être dit que les vieux films américains en VF me font souvent cet effet-là.

Je me souviendrai d'autant mieux de cette période de l'histoire parce que je m'y inscrirai anonynement avec la mienne. Ces événements et le miens seront marqués sur une frise chronologique ressemblante. La grande et ma petite.

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Congé du coeur


Entendu à la radio ce matin : au Japon, une entreprise offre des jours de congés à son personnel en souffrance affective.


En plus d’être curieux, le concept est réfléchi : selon la tranche d’âge dans laquelle l’employé se situe, il/elle ne dispose pas des mêmes droits. Les moins de 24 ans peuvent prendre une journée de congé par an pour maladie d’amour, tandis que de 25 à 29 ans, cela s’élève à 2 et qu’au dessus de 30 ans, le salarié s’en voit offrir 3. Motif invoqué pour expliquer cette différenciation : le fait de se relever plus péniblement d’affres sentimentaux avec le temps qui passe et la difficulté latente de trouver nouvelle chaussure à son pied après un certain âge.


 


Je suis sceptique. Certes, pour avoir travaillé déjà dans des bureaux à fort taux d'oestrogènes, il m'est arrivé à plusieurs reprises de croiser de bon matin des voisines d'open space aux yeux bouffis, rougis, à la mine défaite, à l'air hagard, d’avoir trop pleuré, de s’être disputé, d’avoir bataillé la nuit durant. Celles-là auraient peut-être apprécié 1 à 2 journées de congé, passée soit au fond d’un lit, sous l’édredon, boîte de mouchoirs dans la main droite, tablette de chocolat dans la main gauche, soit pendue au téléphone à essayer en vain de se rabibocher avec l’être jadis aimé, désormais convoité.


 


Seulement, la complainte est un chant qui casse vite les oreilles et se vautrer dans la tristesse en toute impunité n’a jamais été pour personne la solution miracle. Et surtout, cette idée sent le piège à plein nez. Au Japon, pays où le travail est souvent un véritable sacerdoce, cet excès de bonté est trop gros pour être gratuit.


 


Renseignements pris, la société en cause ici, Hime & Company, commercialise des cosmétiques destinés… aux femmes. Celles qui pâtisssent le plus en apparence des conséquences de malheureuses affaires de cœur… Et Hime & Company ne compte que… 6 salariés ! Plus qu’une grâce pleine d’humanité, le pdg de la société a surtout offert à son entreprise une jolie publicité qui a fait le tour du globe, insérée sans frais dans la rubrique Insolite de nombreux sites d’actualité.



Bravo

(j'applaudis…jaune – sans mauvais jeu de mot -) …


 


 

Japan rocks too !

Mes
inclinations musicales naturelles font dangereusement pencher mes oreilles vers
l’Outre-Manche ou l’Outre-Atlantique et prétendre qu’au Sud-Est, il n’y a rien
de nouveau.

Je
tiens pour acquis que le bon son a forcément des accointances britonnes ou
américaines cependant je m’aperçois que mes préjugées m’ont dévorée : nul
besoin de s’appeler Pete, Jack ou Meg  pour maîtriser le rock.

Pete,
Jack ou Meg ne s’agiteraient certainement pas avec l’énergie et l’enthousiasme
de ceux apparaissant dans le clip suivant, je vous l’accorde. Néanmoins,
difficile de ne pas reconnaître à Tokyo Jihen la qualité de nous scotcher à
l’écran grâce à une melodie et à une vidéo bien léchées.

Coup
de projecteur sur un groupe venu d’un lointain pays pimenter nos bandes sons.
Sortie prévue du prochain album le 26 septembre.

 

tokyo jihen – osca [pv]