Au creux de l’oreille

Ce modeste blog a sa page Facebook, née d’une volonté ponctuelle de partager ce que je fais un peu davantage et avec les moyens du bord. A la faveur d’un commentaire sur cette même page, j’ai découvert que le feuilleton radiophonique du moment de France Culture n’est autre que l’adaptation radiophonique de Rien ne s’oppose à la nuit, de Delphine de Vigan, dont j’ai eu l’occasion de parler à plusieurs reprises ici.

J’aime la radio. Si j’avais été journaliste, c’est en radio que j’aurais préféré exercer. J’aime son côté chaud, intime et complice, sa proximité versus la télévision, boîte froide et artificielle, son ancrage dans le maintenant versus le papier parfois déjà froissé avant d’avoir été caressé…

Pourtant, je ne suis pas une habituée des fictions radiophoniques. J’imagine devoir dégager un temps immense pour me consacrer à une écoute complexe puisque justement, il n’y a d’autre repère dans le moment que l’oreille, c’est plus exigeant, cela demande davantage de concentration.

1370639455292Retrouver une oeuvre connue et aimée était sans doute le meilleur moyen de me glisser au coeur d’une fiction radiophonique, de me laisser emporter par les voix, les souffles, les respirations, la mise en sons d’un roman qui m’a tant émue, comme de nombreux autres lecteurs. C’est particulièrement réussi, prenant. Je suis touchée de redécouvrir les mots de Delphine de Vigan, je me délecte d’écouter par tranche de 24 minutes de nouveau l’histoire, triste et sensible, de la vie de Lucile Poirier.

Le bémol toutefois : l’appli de France Culture d’une certaine pauvreté technique et pratique… difficile dans ce cas de savourer un nouvel épisode dans le métro où la connexion au podcast saute tout le temps… Grrr.

Encore cinq épisodes à écouter et avant, si jamais ce n’est pas fait, cinq autres à rattraper par ici !

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Contemplations et je remets le son…



Dans un autre registre…

Il n'y a que le son, le son pour me couper du reste, de la foule, des corps, du stress et de la course contre le temps auquel nous nous livrons tous, parfois malgré nous, dans les grandes villes.

Ce matin même, je me suis retrouvée dans la peau d'une sardine vêtue de pied en cap, mais d'une sardine tout de même. Perturbation du service des transports. Corps compressés. Proximité physique involontaire. J'avais la sensation -réelle- de pouvoir tenir debout sans m'accrocher à rien. Merci aux frères de mon espèce. Pour m'extirper de cet étouffement de certains de mes sens -l'odorat encombré par les parfums, la vue bouchée par des chevelures, le toucher contraint- j'ai tout misé sur l'ouïe et augmenté le volume de mon mp3. Ainsi plongée dans mon monde sonore, je me suis détachée de la foule environnante. Seul moyen efficace pour lutter contre une poussée d'agacement, d'agressivité même…

La musique est une plus douce compagne, embellissant par ses atours, les petits moments du quotidien. Arpenter les couloirs du métro, portée par un rythme, une mélodie, a le pouvoir de tout changer, donne une autre lumière aux choses, un autre air aux regards des autres, ravive les couleurs ternes du "paysage". Elle apporte ce-je-ne-sais-quoi d'atmosphère et de magie qui nous manque parfois… J'ai souvent rêvé de pouvoir choisir une B.O idéale aux instants cruciaux de ma petite existence, insignifiants pour certains mais forcément plus importants pour moi. Faire pause une seconde, dire aux autres personnages de s'arrêter une courte minute et aller appuyer sur Play pour lancer la musique adéquate… Et observer aussi comme ce choix peut être déterminant: se balader "Now at Last" avec Feist ou sautiller sur "Take me Out" de Franz Ferdinand ne plongent pas dans le même état…

Ce matin, j'étais avec Feist dans le métro et finalement… je n'y étais plus tout à fait… Les contours plus nets, les coloris accrus, les formes plus précises.