Aujourd’hui…

Aujourd’hui, j’ai reçu un petit paquet.

Ce n’est pas un joli mot « paquet », ça m’évoque quelque chose de lourd, d’encombrant, d’un peu disgracieux. Et puis, pour être exacte, je ne l’ai pas vraiment reçu aujourd’hui. Il était déjà dans la boîte aux lettres hier, c’est seulement que le courrier n’avait pas été relevé.

Donc, je recommence. Aujourd’hui, j’ai trouvé et ouvert un précieux petit colis.

La vie est faite de grands chambardements parfois et, plus souvent, de toutes petites choses, d’une somme infinie de gestes discrets et silencieux, tel le mouvement souple d’une main qui dessine au stylo bille les lettres d’un prénom sur le recto d’une enveloppe.

Cela peut sembler presque rien mais, ce matin, l’idée même de ce geste fait pour moi, m’a émue. D’aucuns diraient que je suis trop sensible, sans doute à raison. Mais bon.

Recevoir cet envoi – un livre et un disque et une carte avec un petit mot tendre – m’a fait l’effet  d’une flèche fichée en plein coeur. J’ai imaginé ce livre choisi à bon escient, en écho à des conversations passées, cet album saisi sur l’étal d’un disquaire avec le souhait qu’il me plaise, les mots rédigés avec délicatesse sur un petit carton rose puis ce même petit carton glissé dans son enveloppe bleue.

L’existence recèle parfois des trésors de douceurs et ce matin j’en ai déniché un dans la boîte aux lettres.

 

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Billet nocturne

Il semble que ce soir, je n'ai pas sommeil, je ne me résouds pas à clore tout de suite les paupières et à essayer de retrouver Morphée dans l'obscurité. Je préfère encore traîner mes guêtres sur le net, jusqu'à Vox et gratifier mon blog avec lequel je suis en léger froid ces jours derniers, d'un post plein de tout et de rien, plein de ce qui me traverse à l'instant.

Avant de poser le pc sur mes genoux, je rangeais les reliefs d'un dîner avec en fond sonore une radio bourdonnante, faute aux piles bientôt hors d'usage. France Inter, Allô la planète. J'aime bien cette émission. Interactive mais intéressante. Les auditeurs ont la parole, pour reprendre le slogan d'une consoeur de la bande FM, mais une parole loin d'être dénuée d'intérêt. Pas que les affres des uns et des autres racontés lors d'émissions animées par d'enveloppantes voix radiophoniques le soient forcément… Disons plutôt qu'elle est en tout cas beaucoup plus apprenante. Le regard d'un citoyen du monde en faction à l'autre bout du globe sur un même événement modifie le point de vue que nous avons nous, du bout de notre lorgnette. Je crois qu'il y a toujours quelque chose de salvateur à s'éloigner de ses contingences personnelles de temps à autre, ne serait-ce que pour s'apercevoir de la tolérance nécessaire au bon fonctionnement d'une société.

J'ai monté le volume crépitant, à l'écoute du dernier auditeur. Lucas, fraîchement sorti d'une formation universitaire, s'est vu gratifier trop tard d'une bourse d'études. 4000 euros tombés en fin d'année, alors qu'il n'en a plus vraiment besoin et qu'il a réussi à se débrouiller autrement. 4000 euros qu'il estimait devoir redistribuer à un projet à but humanitaire. Un geste plein de noblesse, peut-on penser, un geste stupide, aussi songer. L'animateur lui-même semblait perplexe, incitant Lucas à une sage réflexion, lui faisant miroiter la possibilité de se faire plaisir, de flamber même. Mais le jeune homme avait l'air décidé.

J'ai tendance à poser sur la nature humaine un regard peu tendre et la liste des exemples prêts à nourrir ma rancoeur se fournit trop facilement. Mais parfois, il y a une étincelle d'espoir dans le maelstrom, comme si la machine à perversion avait des soubresauts…

Qu'adviendra-t-il du trésor de Lucas ? En fera-t-il un usage personnel ? Le transmettra-t-il ? Et si oui, les intentions du bénéficiaire seront-elles aussi louables que l'on peut le souhaiter ? C'est déjà un autre épisode dont nous n'aurons sans doute jamais la fin. Mais merci pour la touche d'espoir.

Ca y est, les piles ont lâché.